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Abréviations :

NB = Nouveau Bulletin des sciences par la Société philomathique de Paris.

JP = Journal de l’École polytechnique.

MA = Mémoires de physique et de chimie de la Société d’Arcueil.

 Udaï Venedem

MALUS

E. O. des premiers Mémoires de Malus sur sa découverte des phénomènes de polarisation (avant la lettre) de la lumière réfléchie.

Dans un premier mémoire, présenté à la 1ére classe de l’Institut le 20 avril 1807, sous l’intitulé "Traité d’optique", dont il est rendu compte dans le NB (N° 3, Décembre 1807, p. 59-60), Malus se donne les moyens d’une optique en 3 dimensions, qui lui seront très utiles pour interpréter et exploiter convenablement ses futures découvertes. On y trouve en particulier l’important concept de surface caustique. Ce premier mémoire fut publié dans le JP (14ème cahier, t. VII, avril 1808, p. 1-44 et p. 84-129) sous le titre de "Mémoire sur l’optique".

Le second mémoire, sur la mesure du pouvoir réfringent des corps opaques, fut présenté à la 1ére classe de l’Institut le 16 novembre 1807 ; il est donné en version intégrale, comme nous le verrons, dans le NB (N° 4, Janvier 1808, p. 77-81). On y rencontre la fameuse "loi de Malus", ou loi en cos2, mesurant l’intensité du faisceau émergeant rapportée à celle de faisceau incident. Dans le JP (15ème cahier, t. VIII, décembre 1809, p. 219-228), ce mémoire est repris et augmenté de l’exposé des nouvelles découvertes de Malus, qui font l’objet des deux mémoires suivants (notés ici "troisième" et "quatrième").

Le troisième mémoire, sur une propriété de la lumière réfléchie par les corps diaphanes, lu à l’Institut le 12 décembre 1808 (commissaires : Laplace, Haüy, Chaptal, Berthollet), se voit publié intégralement dans le NB (N° 16, Janvier 1809, p. 266-269), avec l’avertissement : " L’auteur ayant bien voulu nous communiquer son Mémoire, nous l’imprimons ici tel qu’il a été lu à l’Institut. " Dérogation notoire et unique à la règle qui stipulait que seuls les membres de la Société philomatique pussent être publiés au Bulletin, sans se voir apposer la signature de parrainage d’un rédacteur1, c’était une manière de reconnaître qu’il s’agissait d’une grande découverte, celle de la propriété que possède la lumière réfléchie d’être "polarisée" (selon le terme que Malus forgera en 1810), de subir une modification qui "avoit déjà été apperçue dans une circonstance particulière de la duplication des images par le spath calcaire, (carbonate de chaux) ; mais le phénomène qui l’indiquoit étant attribué aux propriétés de ce cristal, on ne soupçonnoit pas qu’il pût être produit non-seulement par tous les corps cristallisés qui donnent une double réfraction, mais encore par toutes les autres substances diaphanes solides ou liquides" (p. 267). Ce mémoire se retrouve, avec quelques augmentations, dans les MA (t. II, 1809, p. 143-158), sous le titre plus général de "Sur une propriété de la lumière réfléchie", afin de signifier qu’il décrit le même phénomène par réflexion sur les corps opaques aussi bien que diaphanes.

Il faut attendre le quatrième mémoire, sur les phénomènes qui dépendent des formes des molécules de la lumière, présenté à l’Institut en Mars 18092 pour trouver mention de la seconde grande découverte de Malus : le phénomène de disparition de la lumière par double réflexion. Publié au NB (N° 20, Mai 1809, p. 341-344 et N° 21, Juin 1809, p. 353-355), il est apostillé du monogramme P. (pour Poisson). Cependant l’article Sur une propriété des forces répulsives qui agissent sur la lumière, publié par Malus dans les MA (t. II, 1809, p. 254-267), est absolument identique, sinon dans NB, le remplacement des "je" par "il" ou par "M. Malus", sauf en un endroit (NB p. 355, l. 16) où subsiste un "j’ai" (comme en MA, p. 266, l. 13).

On a ainsi la preuve absolue que la signature P. n’est souvent que pure convention éditoriale, et que l’article peut n’être qu’un copié-collé de l’original du mémoire d’un auteur3. Le même exercice de comparaison montre que celui que nous avons nommé le "second mémoire", sauf au jeu des "je" se retrouve à l’identique, aux p. 219 à 223 du 15ème cahier de JP.

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1 Malus n’était alors que correspondant. On en a confirmation, avec la donnée de Strasbourg comme lieu de résidence, par la liste publiée au Bulletin d’Octobre 1808. Malus ne fut admis comme membre "résidans" qu’en Avril 1810.

2 C’est au moins ce que précise le Bulletin.. André Chappert dans son étude pourtant très fouillée (Étienne Louis Malus, Paris, Vrin 1977), n’en fait pas mention, curieusement. Mais a pu lui échapper, comme d’autres, ce mémoire car il n’a pas su voir que, ainsi que nous le démontrons, la signature P. ne signifie pas que la rédaction soit de Poisson, mais n’est que pure convention éditoriale.

3 Cela n’ôte rien au crédit de Poisson, mais vient expliquer comment il se fait que sa signature apparaisse au bas d’autant d’articles dans autant de revues sur autant de sujets différents !

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